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Femme engagée : la pédiatrie au service de la société

Par Dr Claire Moreau, pédiatre · Mis à jour le 6 avril 2026

✅ Points clés

La France a aboli les chatiments corporels en 2019, rejoignant 56 pays. Les neurosciences montrent que la violence educative endommage le developpement cerebral. La bienveillance n'est pas de la permissivite.

Engagement pour les droits de l enfant
Photo: Unsplash

Le Dr Edwige Antier n'est pas seulement une pédiatre. Tout au long de sa carrière, elle a porté la voix des enfants là où elle comptait le plus : dans l'espace public, à la télévision, à l'Assemblée nationale. Quand on passe quarante ans à observer ce que subissent les enfants — la violence ordinaire, l'incompréhension, le manque d'écoute — on ne peut pas rester dans son cabinet.

Un combat pour les droits de l'enfant

Députée de Paris de 2007 à 2012, elle a déposé une proposition de loi pour abolir les châtiments corporels envers les enfants. Un sujet qui divisait profondément la société française. La loi a finalement été adoptée en 2019. Ce n'était pas une question d'opinion — c'était une question de science. Les neurosciences montrent que la violence physique endommage le développement cérébral de l'enfant. La bienveillance n'est pas une mode — c'est une nécessité biologique.

La voix des enfants dans les médias

Présente régulièrement sur les plateaux de télévision et les ondes radio, elle a contribué à faire entrer la pédiatrie dans le débat public. Ses interventions sur France Info, Le Parisien et Radio-Canada ont touché des millions de parents francophones. Parler de sommeil, d'écrans ou de diversification alimentaire à la radio, c'est toucher des familles qui n'auraient jamais consulté un pédiatre pour ces questions.

L'éducation bienveillante : une évidence médicale

L'éducation bienveillante n'est pas du laxisme. C'est une approche fondée sur la compréhension du développement cérébral. Un enfant de 2 ans qui fait une colère n'est pas « mal élevé » — il est submergé par une émotion que son cortex préfrontal ne sait pas encore réguler. Le punir ne résout rien. Nommer l'émotion, contenir sans contraindre, attendre que la tempête passe — voilà ce que la science recommande. Et voilà ce que le Dr Antier défend depuis des décennies.

Un héritage vivant

L'engagement ne s'arrête pas avec le mandat politique. À travers ce site, ses livres, ses interventions et ses consultations, le Dr Antier continue de porter un message simple : les enfants ont des droits, et les parents méritent d'être accompagnés, pas jugés. Consultez son parcours complet et son profil de pédiatre.

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La clause de bienveillance

Au-dela de la loi sur les chatiments corporels, le Dr Antier a porte l'idee d'une « clause de bienveillance » dans les textes relatifs a l'autorite parentale. L'idee : inscrire dans le Code civil que l'autorite parentale s'exerce sans violence physique ni psychologique. Ce n'est pas une utopie — la Suede l'a fait en 1979, et les etudes longitudinales montrent une baisse significative des violences faites aux enfants dans les annees qui ont suivi.

La prevention plutot que la sanction

L'engagement du Dr Antier n'a jamais ete punitif. Il ne s'agit pas de punir les parents qui donnent une fessee, mais de les aider a trouver d'autres outils. Les programmes de soutien a la parentalite — comme les Maisons des Familles, les PMI, ou les groupes de parole — sont infiniment plus efficaces que n'importe quelle sanction legale. La violence educative est souvent le signe d'un epuisement parental, pas d'une intention de nuire. Soigner la cause, pas le symptome.

L'avenir des droits de l'enfant

La France a ratifie la Convention internationale des droits de l'enfant en 1990, mais son application reste inegale. Le droit a l'education, le droit a la sante, le droit a la protection contre les violences — ces droits fondamentaux sont encore bafoues chaque jour sur le territoire francais. Le combat continue. Et il ne se fera pas sans les parents, premiers defenseurs de leurs enfants.

Les violences educatives ordinaires en chiffres

En France, selon une enquete de la Fondation pour l'Enfance (2022), 70% des parents declarent avoir deja donne une tape a leur enfant. 30% considerent la fessee comme un outil educatif normal. Pourtant, les etudes longitudinales montrent que les chatiments corporels sont associes a une augmentation de l'agressivite, une baisse de l'estime de soi, et un risque accru de depression a l'age adulte. Le combat du Dr Antier n'est pas moral : il est medical.

Les alternatives concretes

Quand on dit aux parents "ne frappez pas", il faut aussi leur dire quoi faire a la place. Les alternatives existent et fonctionnent : le temps de pause (retirer l'enfant de la situation sans violence), la communication non-violente (nommer l'emotion, formuler la limite), la consequence naturelle (tu as renverse ton verre, tu essuies). Ces outils demandent plus de patience que la fessee, c'est vrai. Mais ils construisent un enfant qui obeit par comprehension, pas par peur. Et ca, c'est incomparablement plus solide a long terme.

J'ai vu en consultation des milliers d'enfants et de parents. Ce que j'observe, c'est que la violence éducative ne produit jamais ce qu'elle promet. En fait, c'est tout simplement le contraire qui se passe — et c'est pour ça que je me bats depuis des décennies.

Sources : Fondation pour l'Enfance · Défenseur des droits

Dernière vérification médicale : avril 2026 · Dr Claire Moreau, pédiatre
Dr Claire MoreauPédiatre en exercice à Paris depuis 2011, spécialisée en développement infantile.